Archives Personnelles et Boîtes Noires

Tout Starlancer enregistré au Consortium dispose d'un dossier d'archive personnel communément appelé "boîte noire".

Constitution du dossier

Le dossier d'archive d'un Starlancer est créé automatiquement lors de l'obtention de sa licence et mis à jour en continu tout au long de sa carrière. Il centralise l'intégralité des données générées par son activité professionnelle :

Les données administratives couvrent les passages en douane, les connexions aux terminaux du Consortium, les localisations enregistrées lors des synchronisations en station, les missions homologuées et leurs résultats déclarés, ainsi que l'historique des modifications de son équipement certifié.

Les relevés biométriques sont transmis en continu par l'implant crânien: constantes vitales, niveaux de stress, état neurologique général. Chaque séquence est horodatée et associée à une mission ou à une période identifiée.

Les relevés audio sont enregistrés lorsque le Starlancer porte son casque. Le système distingue automatiquement les communications radio des sons ambiants, et archive les deux flux séparément. Ces relevés constituent la partie la plus sensible du dossier et la plus protégée.


Synchronisation

À chaque passage en station équipée d'une branche du Consortium, le système de l'implant se connecte automatiquement et synchronise les données accumulées depuis la dernière connexion. Cette synchronisation est chiffrée, instantanée, et ne nécessite aucune action de la part du Starlancer.

Les données sont stockées dans les serveurs du Consortium sur Alcor, avec des copies redondantes dans les branches régionales. La perte de données par défaillance technique est considérée comme techniquement impossible dans le cadre des normes actuelles, une affirmation que le Consortium maintient et que personne n'a encore formellement contredite.


Chiffrement et clés d'accès

Le dossier est protégé par un système de double chiffrement.

La clé de réserve est générée lors de la remise du diplôme Starlancer. Elle est imprimée sur une plaque métallique remise physiquement au titulaire, qui la dépose dans un conteneur scellé conservé par le Consortium. Ce conteneur n'est pas destiné à être rouvert dans des circonstances normales, il est la garantie de dernier recours du système.

La clé personnelle est la signature biométrique du Starlancer couplée à son support d'implant. Elle est unique, non reproductible, et ne peut être utilisée que par le titulaire lui-même, ou avec son consentement explicite. C'est la clé qui donne accès à l'intégralité du dossier, y compris les relevés biométriques et audio.

Ces deux clés donnent accès à des niveaux de données différents. La clé de réserve seule ne déverrouille que les données administratives. Les relevés biométriques et audio restent inaccessibles sans la clé personnelle, même pour le Tribunal d'Alcor. Cette distinction est inscrite dans le CCA et constitue l'une des protections fondamentales de la vie privée des Starlancers.


Consultation personnelle

Tout Starlancer peut demander à consulter son propre dossier dans les zones dédiées des branches du Consortium. La consultation est en lecture seule, aucune modification, suppression ou exportation n'est possible. Cette possibilité permet au Starlancer de vérifier ce que son dossier contient et d'anticiper ce qui pourrait être utilisé dans le cadre d'une procédure judiciaire.


Usage judiciaire

En dehors de la consultation personnelle, le dossier ne peut être ouvert que sur ordonnance d'un juge du Tribunal d'Alcor.

Si le Starlancer est disponible et consentant, il fournit sa clé personnelle et l'intégralité du dossier est accessible au juge. Si le Starlancer refuse, seule la clé de réserve peut être utilisée sur ordonnance, donnant accès aux données administratives uniquement.

Si le Starlancer est indisponible (disparu, décédé, inconscient, ou dans l'incapacité de consentir) le juge peut ordonner l'ouverture du conteneur scellé et l'utilisation de la clé de réserve dans les mêmes conditions. Les données biométriques et audio restent inaccessibles dans ce cas, sauf si le Starlancer avait préalablement désigné un mandataire autorisé pour une habilitation biométrique déléguée, une disposition rare mais légalement prévue qui permet une autre entrée aux archive par une personne tiers.

Le dossier ainsi ouvert a valeur de témoignage devant le Tribunal, dans les limites de ce que les clés utilisées permettent d'accéder. Les données issues de la clé de réserve seule sont recevables comme preuves administratives. Les données issues de la clé personnelle sont recevables comme témoignage complet.


La boîte noire d'escouade

En complément du dossier individuel, chaque escouade enregistrée au Consortium dispose d'une boîte noire collective. Elle agrège les données de tous ses membres pour les périodes correspondant à des missions d'escouade déclarées, et constitue un enregistrement de l'activité collective du groupe.

La boîte d’escouade ne contient que les données collectives, comme les communications opérationnelles et les événements de mission, sans reproduire les archives privées intégrales.

Son ouverture requiert l'accord d'au moins deux tiers des membres de l'escouade pour la période concernée. Un membre indisponible (absent, inconscient, disparu ou décédé) est considéré comme consentant par défaut. Ce seuil des deux tiers garantit qu'une minorité ne peut pas bloquer une procédure judiciaire légitime, tout en empêchant qu'un seul membre puisse l'ouvrir seul.


Implications pratiques

Ce système crée un cadre dans lequel un Starlancer peut théoriquement participer à des opérations en dehors du cadre légal, tant que ces opérations ne remontent pas jusqu'au Tribunal avec suffisamment d'éléments pour justifier une ordonnance d'ouverture. La boîte noire ne surveille pas en temps réel, elle archive. C'est une distinction importante : le Consortium n'est pas un organe de surveillance active, mais un garant d'archive passive.

En pratique, les Starlancers expérimentés savent exactement ce que leur boîte noire contient et ce qu'elle ne contient pas. Ceux qui opèrent dans des zones grises font attention à ce qu'ils disent lorsqu'ils portent leur casque, et à ne pas synchroniser dans des stations où une procédure les concernant pourrait déjà être en cours.

À l'inverse, une escouade dont un membre est accusé d'une action dont ils ont été témoins peut demander ou proposer l'ouverture de leur boîte d'escouade pour fournir des éléments de preuves si le Starlancer accusé lui refuse l'utilisation de sa boîte personnel.