Principe général
La Confédération n’a ni agence de presse officielle ni média d’État. Elle produit et distribue de l’information, mais ne raconte pas l’actualité. Ce travail revient aux colonies, qui restent libres de leurs médias comme de tout le reste de leur vie locale.
Les bulletins officiels
Chaque Organisation publie son propre bulletin officiel, qui compile ses informations publiques : décisions rendues, avis, indices et données utiles à tous. La Guilde y diffuse les cours de la Bourse Confédérale et ses traités commerciaux, l’Union ses indices de viabilité et ses programmes de colonisation, le Consortium ses calendriers de formations, le Tribunal d'Alcor ses décisions publiques et l’Alliance ses avis de sécurité.
Ces bulletins énoncent des faits. Ils n’ont pas de ligne éditoriale et n’analysent rien : c’est de la matière première.
L’information protégée
Tout ce qui ne figure pas aux bulletins n’est accessible que sur demande et avec les accréditations requises. Une règle vaut partout : on ne demande jamais à « consulter les archives ». Chaque demande porte sur un besoin précis.
Les membres de l’Assemblée
Un député ne peut pas consulter n’importe quel document. Seul un membre de la commission compétente peut le demander, celle de la défense pour les archives de l’Alliance par exemple, et la demande doit nommer le sujet et le besoin. La consultation se fait en présence de personnel qualifié de l’Organisation concernée, qui l’aide à analyser le document. Le mécanisme est le même pour les cinq Organisations.
Pour les besoins qui dépassent ce cadre, une accréditation renforcée peut être demandée. Elle n’est accordée qu’après une enquête approfondie sur le demandeur.
Les juges
Le critère n’est plus la fonction mais la pertinence : le juge doit démontrer que le document intéresse l’affaire en cours. Il ne remet toutefois pas le document à la cour. Il en valide l’authenticité, avec un second magistrat si nécessaire, puis en extrait les seuls éléments utiles au procès qu’il contient. Ce sont ces éléments, et eux seuls, qui sont transmis à l’audience. Le jury civil et les autres intervenants n’ont donc jamais accès au document classifié dans son ensemble. L’Organisation propriétaire ne choisit pas elle-même ce qui sert de preuve, c’est le juge qui le fait.
Bureau de l’Information Confédérale (BIC)
Une institution purement administrative a pour tâche de rassembler les bulletins et de les redistribuer. Le BIC est installé sur Alcor, dans le secteur central, celui de l’Assemblée Confédérale, avec laquelle il partage une partie des locaux sans avoir de lien officiel.
Il ne mène aucune analyse, ne hiérarchise rien et ne produit aucun contenu : chaque Organisation décide de ce qui figure à son bulletin, et le BIC se contente de l’assembler. Il compose un bulletin propre à chaque système, qui redescend par le réseau de balises avec les drones réguliers. Les balises Maître continuent de prioriser l’urgence, mais ne touchent pas au contenu. C'est ce contenu qui est la source principale d'information sur la Confédération pour les médias locaux.
Le traitement local
Le traitement journalistique, c’est-à-dire la sélection, le commentaire et la mise en récit, se fait au niveau de chaque colonie, selon sa culture et ses sensibilités. Une colonie peut avoir des médias publics, privés, communautaires ou un mélange. Le CCA garantit cependant la liberté d’expression de chaque citoyen et prime sur les lois locales : une colonie choisit la structure de ses médias, mais ne peut pas museler un individu.
Conséquences pratiques
Le réseau impose son rythme : quelques heures de délai entre systèmes voisins, plusieurs diurs depuis la périphérie. Dans les colonies éloignées, le bulletin officiel arrive donc avec du retard, et ce sont les médias locaux, avec leurs rumeurs et leurs approximations, qui comblent le vide. Un Starlancer qui revient d’une longue mission en périphérie apprend souvent les événements récents par fragments contradictoires avant de pouvoir les recouper avec les bulletins.